Tout comme le Rapport Hervé V. Bangoura et dans une moindre mesure celui de la commission de l'Assemblée nationale, l'interview du ministre des Mines, Facinet Fofana, paru dans notre livraison de la semaine dernière, a été quoi
qu'on pense une pièce, une de plus, qui pourrait permettre de
reconstituer le puzzle Friguia-Anaim. Cela, au-delà des commentaires que nous avons d'ailleurs fait
, des inévitables supputations et des conflits d'intérêts qu'un
tel dossier peut soulever. Certes, et c'est le moins qu'on puisse
dire, les déclarations de Facinet Fofana sont, par endroits, entachées d'incohérence, et que son refus
de démissionner pour permettre à la justice de l'interroger est
manifeste, mais nous tenons pour vrai qu'un journaliste s'en tient
aux faits, et que c'est sur leur base, et seulement sur leur base,
qu'un commentaire crédible est possible. Encore qu'aucune preuve
tangible n'a encore été exhibée pour justifier une démission des
ministres cités dans les deux affaires. Qu'à cela ne tienne.
Si Facinet Fofana n'avait jamais parlé à la vraie presse indépendante, on n'aurait
jamais pu disséquer ses propos. Si un résumé du rapport de l'Assemblée nationale, les axes fondamentaux du rapport Hervé et une interview du député Siradiou Diallo, président la commission parlementaire des Mines, n'avaient jamais
été publiés, le public n'aurait peut-être jamais su.
Si le Colossal scandale financier n'avait jamais été révélé, tout le monde serait maintenu dans
le cercle vicieux de l'ignorance. Toutes ces exclusivités sont
à l'honneur du journal que vous tenez dans vos mains, L'indépendant
Plus, l'hebdomadaire qui a révélé à tout le monde journaux
y compris , le lundi 8 mars 1999, le scandale Friguia.
Pour mémoire, le signataire de l'article, Jean-Baptiste Kourouma, s'était curieusement retrouvé, quelques semaines après, en prison,
sur une autre affaire certes, mais dont les ramifications débouchaient
tout droit sur l'Affaire Friguia
C'est pourquoi, il est inutile de faire semblant de nier les efforts
évidents effectués par notre journal pour, non pas s'ériger en
juge capable de prononcer des sentences sans appel, mais en témoin
et consignataire des faits. Et Dieu sait que ces derniers peuvent
être têtus ! Et une interview menée de la façon la plus impartiale
possible, même du ministre des Mines au moment où une bonne partie
de l'opinion le vouait aux gémonies, ne change rien à cette vérité
historique.
Que Facinet Fofana se défende parce qu'il en a le droit est une chose ; que tous
ses propos soient considérés comme vérités d'évangile est une
autre chose. Idem pour Koly Kourouma, Bocar Ly, Dicko et compagnie !
Nous ne sommes pas des arbitres, nous sommes des témoins de l'histoire
qui se donnent le devoir d'informer objectivement. Quoi qu'il
en soit, L'indépendant Plus, conformément à sa vocation, continuera
son travail d'investigation et au besoin par des interviews
de Zorro ou Tartampion pas pour se faire entraîner dans une
polémique inutile, mais pour permettre au public, qui est en réalité
le seul juge, de situer toutes les responsabilités. Bribes par
bribes, nous sommes persuadés que nos reporters déjà prêts pour
suivre le procès des Bocar Ly et autres qui serait programmé dans les tout prochains jours
parviendront à réunir l'essentiel des informations capables
de nous situer sur ce qui s'est réellement passé dans les affaires
de Friguia et de l'Anaim. Choisir de suivre les faits jusqu'au bout n'a
jamais été et ne sera jamais un crime, encore moins une faute
professionnelle en journalisme. Et rien, abolument rien, ne saurait
nous distraire
Le syndrome zaïrois !
La Côte-d'Ivoire serait-elle sur le point de basculer dans l'absurde
? En tout cas, à maints endroits sa situation actuelle rappelle
celle du Zaïre devenu République démocratique du Congo sous
Kabila du maréchal Mobutu Sessé Séko. Comme le Zaïre, la Côte-d'Ivoire
traverse une crise politique des plus aigues, comme le Zaïre,
elle connaît un conflit ethnique pernicieux à ses frontières (avec
ce conflit entre Burkinabè et planteurs ivoiriens, sans doute
attisé par le duel Bédié-Ouattara), et comme Mobutu, Henri Konan
Bédié s'enferme dans une logique qui n'augure pas des lendemains
enchanteurs.
Toutes les "anomalies" qui ont permis, pour emprunter l'expression
de Kabila, au "p'tit Rwanda" soutenu par le Burundi et l'Ouganda
de faire la loi chez le "géant" zaïrois, sont aujourd'hui visibles
en Côte-d'Ivoire. Une bonne partie de la population nordique se
sent brimée par la loi électorale et, dans le contexte actuel,
nul ne saurait prévoir ce qui pourrait advenir
Saliou Samb